Bonjour cowpulace.
"C'est un vrai challenge"
"Challenge", en français "défi". Oui car les journalistes de la TNT aiment les anglicismes. Ça donne plus de pertinence et d'efficacité dans leurs propos. Pour les journalistes de la TNT, chaque petite difficulté de la vie est un véritable
tchaaallèèènge. Et les gens qui participent à ces émissions l'ont si bien intégré qu'ils emploient eux-même ce mot pour qualifier n'importe quelles de leurs actions destinées à changer leur vie :
"
J'ai décidé d'arrêter de grignoter entre les repas, c'est un vrai challenge qui commence."
"
J'ai réussi à obtenir un numéro de téléphone ce soir là, c'était un réel challenge pour moi."
"
Brenda a finalement accepté de se faire couper la frange, un véritable challenge pour cette jeune mannequin grosse dinde."
"
Aujourd'hui, Guy est sorti de chez lui. C'était un vrai challenge pour ce misanthrope gros paumé."
Non mais je les comprends ces gens là. Mon quotidien aussi est une épreuve de chaque jour. Par exemple, en ce 1er mai, je me suis forcée à faire la vaisselle, aller descendre les poubelles et bosser un peu sur mon dossier au lieu de m'affaler devant la télé pour célébrer le jour bonus de la Ste Flemme. C'était un véritable "challenge" je vous assure.
"Sa vie, a basculé"
Observez où est placé la virgule. Le journaliste d'M6 (
un copain de celui de la TNT) aime bien les petits suspens juste avant de dire que quelque chose,
a basculé. Sa vie oui. Généralement c'est toute la vie du gugus interviewé qui, a basculé. Et généralement c'est à la suite d'un traumatisme épouvantable qui l'oblige à s'adapter (
un vrai challenge au quotidien...).
"Géraldine a toujours été une grande sportive, championne de sloubirling (un mélange de curling et du jeu du sloubi), elle a remporté 47,96 médailles. Mais il y a 3 ans, elle a été victime d'un terrible accident de savonnette qui lui a coûté 5 vertèbres, la perte de la vue, une fausse couche, le cancer de la prostate, la maladie de Parkinson, l'amputation des deux jambes et des deux bras et un choc cérébral très grave qui l'a faite mentalement régresser de 23 ans. Sa vie, a basculé."
Le ton qu'emploie le journaliste au moment d'énoncer son expression préférée nous prouve qu'il a attendu ce moment là depuis le début du reportage. Il kiffe les vies qui, basculent. Il savoure. Il est content de son effet et d'avoir pu la placer. Il se régale et moi je m'arrache les cheveux...
"Elle se trouve face à un profond mal-être"
Le "profond mal-être" concerne la grande majorité des personnes appelées dans les reportages, puisque le sujet principal de ceux-ci c'est quand même les complexes de chacun. Ainsi, on verra Jennifer, qui trouvera son nez trop grand et qui pour plaire à son petit copain Kévin voudra subir une opération de chirurgie esthétique. Kévin sera opposé à cette décision, et confiera à la caméra qu'il l'aime, et la trouve belle comme ça, qu'elle n'en a pas besoin et qu'elle prend des risques pour rien, parce que pour lui elle est trop magnifik bébé. Et Jennifer lui dira qu'il ne la comprend pas, et que depuis toujours elle souffre de son gros tarin de
singe nasique. Que c'est à cause de ça qu'elle n'a pas confiance en elle et qu'elle reste au lit toute la journée. Et surtout qu'à cause de tous ses proches qui ne la comprennent pas, elle est obligée de vivre avec ce
profond mal-être qui la ronge tous les jours un peu plus. Un peu plus tard dans l'émission elle ira voir le chirurgien pour lui expliquer ce
profond mal-être qui l'habite et qui l'empêche de vivre. Kévin finira par céder par amour. C'est beau. Vas-y vomis.
Mais sinon le reste du temps ce sont des grosses qui préfèrent se faire poser un anneau gastrique plutôt que de faire du sport.
"Malgré qu'elle est gentille"
Malgré qu'on s'apprécie, malgré qu'on s'est pas vus, malgré qu'il avait peur, malgré que blablabla...
STOP !
Vos "malgré que" sonnent comme une chanson de Vincent Delerm à mes pauvres oreilles. Ils me vrillent les tympans, m'écorchent les lobes, et m'arrachent les nerfs auditifs. Je saigne abondément à chaque emploi de l'expression "malgré que". Malgré que
ne se dit pas !!! On dit "
malgré quelque chose" et non "malgré que quelque chose"
OK ??? Tu ne diras pas "malgré qu'elle est gentille" mais "
malgré sa gentillesse", ou bien, "
malgré le fait qu'elle soit gentille". Merci bisous.
Encore heureux qu'on ne puisse pas distinguer l'emploi erroné du "ça"/"sa" oralement et donc à la télévision. Parce que sinon...
C'est que du bonheur !
Ça c'est le syndrome
Arthur. (
Vous saviez qu'il s'appelle Jacques vous ? Grosse découverte pour moi....) Bref. Syndrome qui s'est étendu un peu sur toutes les chaînes, un peu dans toutes les émissions, par un peu tous les présentateurs, candidats ou invités. D'abord employée par Arthur dans ses émissions toutes plus débiles les unes que les autres à chaque fois qu'il accueillait des nouveaux invités et lançait son magnéto de vidéos pêchées sur VideoGag, "
C'est que du bonheur" est l'expression qui est devenue une des plus utilisées à la télévision. Ton émission préférée qui démarre, la nouvelle cravate de Nikos Aliagas, les invités du mag des "Anges de la téléréalité", le prochain spectacle de Frank Dubosc, les blagues de Canteloup (
dédicace), la nouvelle saison de Gossip Girl, la sortie du nouvel album de Christophe Maé et la sortie en DVD des "Bronzés 3"... Bref, tout n'est
que du bonheur. Et mon poing dans ta gueule, c'est du bonheur aussi ???
Ça nous en fait 5 pour le moment, mais je n'ai pas le courage d'en chercher d'autres. Ce sont les 5 principales qui m'énervent le plus et qui me font bondir de mon canapé. Aussi, si vous en connaissez d'autres, je vous invite à les partager dans les commentaires afin de compléter la liste.
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